Sauvetage en mer

Dan Clark, traduction
 

 Il y a plusieurs années, dans un petit village de pêcheurs, une jeune garçon apporta la preuve qu'une bonne action est toujours récompensée. Du fait que le village entier vivait de l'indutrie de la pêche, il lui était nécessaire d'entretenir une équipe de sauveteurs volontaires en cas d'urgence.

Une nuit que les vents faisaient rage, les nuages crevèrent et une forte bourrasque fit chavirer une embarcation en mer. À bout de ressources, l'équipage lança un appel de détresse. Le capitaine du canot de sauvetage sonna l'alarme et les habitants se rassemblèrent sur la place du village surplombant la baie. Alors que les sauveteurs mettaient leur embarcation à l'eau et se frayaient une voie à travers les vagues rugissantes, les villageois attendaient impatiemment sur la rive, munis de lanternes pour baliser le chemin du retour.

Une heure plus tard, le canot réapparut dans la brume et les villageois, réjouis, s'élancèrent pour l'accueillir. Tombant épuisés sur le rivage, les volontaires rapportèrent que l'embarcation n'avait pu prendre un passager de plus et qu'ils avaient dû laisser un homme derrière eux. Un seul passager de plus aurait sans aucun doute fait chavirer le bateau et tous auraient été perdus.

Aussitôt, le capitane fit appel à une autre équipe de volontaires pour aller chercher le dernier survivant. Le jeune Hans, âgé de seize ans, s'avança. Sa mère s'accrocha à sa manche, en implorant : «N'y va pas, je t'en prie ! Ton père est mort dans un naufrage, il y a dix ans, et ton frère aîné, Paul, est porté disparu en mer depuis trois semaines. Hans, tu es tout ce qui me reste ! »

Hans répondit : «Mère, je dois y aller. Qu'arriverait-il si tout le monde disait : «Je ne peux pas y aller, que quelqu'un d'autre le fasse» ? Mère, cette fois je dois faire mon devoir. Lorsque vient l'appel, nous devons y répondre chacun à notre tour. » Hans embrassa sa mère, rallia l'équipe et disparut dans la nuit.

Une autre heure s'écoula, qui sembla une éternité à la mère de Hans. Enfin, l'embarcation de sauvetage apparut dans la brume. Hans se tenait à la proue. Les mains en porte-voix, le capitaine demanda : «Avez-vous trouvé l'homme perdu ? » À peine capable de contenir sa joie, Hans cria avec excitation : «Oui, nous l'avons trouvé. Dites à ma mère que c'est mon frère aîné, Paul !»

 


 

 

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Le Grenier de Bibiane
 


Sources : Bouillon de poulet pour l'âme, Ed : Michel Lafon. 1997
Création graphique: Bibiane Grenier
Photo prise sur le Net