Texte de Louis Laplante
 
Du temps de mon enfance, les grands-pères avaient peu de contact avec leurs petits enfants.  On ne les appelait pas «Papy», comme de nos jours.  On ne les tutoyait pas.  On les appelait «grand-papa» ou «grand-père» et on leur disait «vous».  Mais malgré tout, ils avaient un ton bon enfant avec les petits et on les aimait parce qu'ils avaient toujours un conseil à nous donner plutôt qu'un ordre comme le faisaient nos pères.  Leurs anecdoctes d'enfance nous fascinaient, leurs aventures d'avant l'électricité, d'avant le téléphone et d'avant l'automobile nous laissaient ébahis devant leur mode de vie simple et lent.  C'est ce que l'on revoyait lorsqu'ils nous parlaient doucement même si le ton demeurait sérieux.  Puis aujourd'hui, le grand-père est devenu l'ami de ses petits-enfants, plus que leur conseiller.  C'est le confident, celui qui mène ou ramène de la garderie.  C'est celui qui nous montre à jouer parce que papa n'a plus le temps. Il ne gronde pas mais écoute et prend les petits sur ses genoux pour mieux comprendre.

Mais aujourd'hui comme hier, il y a toujours dans les yeux des grands-pères et dans leur voix lorsqu'ils parlent de leurs petits-enfants, la même fierté, le même amour de ceux qui voient leur avenir grandir et jouer devant eux.  Au-delà des cris de joie, des visages ronds et des yeux curieux, c'est leur famille future qu'ils entrevoient, au-delà de leur vie qui s'achève.








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