Située en face de
Cap-Saint-Ignace, à l’est de la ville de Québec, l’Isle-aux-Grues
recèle plusieurs mystères. L’un des plus captivants
est celui d’un étrange personnage qui y fut aperçu
de l’année 1810 à l’année 1841. En effet, à cette
époque, un nain sans tête, portant redingote et
pantalon gris, terrorisa les habitants de l’île, qui
crurent y voir le diable en personne. Presque tous
les habitants furent témoins de cette étrange
présence. La première fut une certaine “ Catin ”
Gagné et le dernier fut Louis Lebel, qui reçut des
blessures lors de cette insolite rencontre. Le Petit
Bonhomme sans Tête ne se montrait que la nuit et
toujours au même endroit de l’île : près de la côte
qui mène à la haute-ville. Les témoins cités ont
réellement existé, leurs témoignages concordaient
entre eux et les lieux décrits sont encore visibles
aujourd’hui. Mais qui était donc cet étrange
personnage ? Un fantôme ? Un être de légende ? Un
être réel vivant en reclus ? S’agissait-il d’un
noble, comme le laisse croire son habillement ? ou
d’un enfant difforme appartenant à une quelconque
famille de l’île et gardé au secret ?
L’Isle-aux-Grues est
contiguë à l’Île-aux-Oies et il est possible de
passer de l’une à l’autre à pied ferme pendant la
presque totalité de l’année. Est-ce que l’étrange
reclus qui vécut sur cette dernière île de l’année
1731 à 1750, date supposée de sa mort, pourrait
avoir un lien avec l’étrange personnage qui y fut
aperçu près de soixante ans plus tard ? L’homme
enfermé dans une sorte de donjon et qui hurlait, au
point que sa demeure était appelée “ la maison de
l’aliéné ” était-il réellement Pierre Bécard de
Grandville, le fils du seigneur ? Et pour quelles
raisons y fut-il réellement enfermé par sa famille ?
De plus, l’horrible meurtre de deux chercheurs
d’ancres, les frères Griffin, dans les années 1830
(alors que le Petit Bonhomme sans Tête rôdait sur l’Isle-aux-Grues)
qui ne fut jamais résolu, a-t-il quelque chose à
voir avec cet étrange mystère ? Pourquoi les
documents concernant ce crime ont-ils disparu de
tous les lieux d’archives du Québec au point que les
historiens croient qu’il ne s’agissait que d’une
légende ? Ce sont les journaux de l’époque qui,
relatant le crime, confirment son authenticité.
Extrait de : Le Petit Bohomme sans tête de l'Isle-aux-Grues
Auteur : Mireille Thibault
Publié chez "Les Éditions Archimède"
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