À vos crayons ! 

Quinze fautes à trouver dans la Dictée des Amériques de 2009

Le texte de la Dictée des Amériques 2009 a été composé
par Ariane Moffatt.

 
Ariane Moffatt est une auteure, compositrice et interprète québécoise née le 26 avril 1979.

Née dans le quartier Saint-Romuald de Lévis le 26 avril 1979, elle est coréalisatrice de ses deux premiers albums Aquanaute et Le cœur dans la tête. L'album Tous les sens, est paru en avril 2008 et coréalisé avec Jean-Phi Goncalves. Elle s'est fait connaître par plusieurs chansons telles que Poussière d'ange, Point de mire, Fracture du crâne, Montréal et Je veux tout.
Ariane travaille elle-même presque entièrement à la production musicale de ses albums, particulièrement en ce qui a trait à l'électronique, aux claviers et aux synthétiseurs.

(Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Ariane_Moffatt)

 

Je serai, comme à l'habitude,  indulgente : les 15 fautes que je vous invite à trouver portent sur l'orthographe de mots usuels ou sur des règles de grammaire courantes.

Note : Vous trouverez le corrigé ici.
 
 
 



Le marché de toutes les solitudes
(Texte d'Ariane Moffatt)

 

Le marché des Enfants-Rouges est couvert comme le ciel de Paris. Ensemble, ils
valsent entre deux saisons sur un air ellégiaque. J'y entre comme une revenante en des contrées familières.

Chacune des échopes qui l'occupent protège affectueusement ses arômes et
saveurs si recherchées, agrumes colorés ou primeurs juste livrés. Les denrées en
rangs serrés bravent le froid et l'humidité.
Les commerçants les réchauffent de gestes intuitifs; chaque mouvement prend la forme de ces instants d'éternité que l'on arrache parfois aux jours insoumis.

C’est le marché de toutes les solitudes. Sous la cape silencieuse de cette matinée
d’avril, je feins de lire pour m'abandonner à la poésie des lieux.

Debout au centre de l'estaminet avec le vide comme unique public, un quidam chante
pour affronter sa dérélixtion loin des badauds rabats-joies.

Plus loin, sous le regard presque indifférent du traiteur japonais qui aligne sachimis et balottines, une femme d'affaires bon chic bon genre s'agrippe à l'oreillette de son téléphone pour éviter de sombrer dans ses abysses intérieures.

Partout autour, les parfums volatiles se font enjôleurs; la fleuriste achève ses bouquets d’héliotropes vanillées qu’elle enveloppera de cellophane irisé.

Suspendue au temps qui s'écoule goutte à goutte, je laisse mon imagination entrer en
scène. Le rire cristallin des orphelins qui vivaient ici même voilà quelque cinq siècles
parvient en écho résonnant à mes tympans. Ces enfants perdus semblent jouer à
colin-maillard, comme le soleil avec les nuages, dans les allées labyrinthiennes de
l'imperturbable hall. Ils apparaissent sous mes yeux attendris, tout de rouge vêtu.
Fantassins de l’abandon aux couleurs de la Charité, frêles coquelicots aux pétales
chiffonnés, ils caracolent et folâtrent, narguant l'immobilité.

Au petit marché des Enfants-Rouges, enjouement et affliction, vague à l’âme et
exacerbation des sens se sont donnés rendez-vous.

J'y reviendrai demain sans faute, après-demain, voire tous les jours.

 

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