Le moule à beurre d'autrefois

Par Louis Laplante



Le moule à beurre

Les sortes de moules à beurre:

-Selon la forme
-Selon l'iconographie de l'étampe
-Selon le volume
-Selon le matériau de construction

Les instruments:

-La baratte
-Le plat à faire le beurre
-La tinette
-Le plat à pétrir le beurre

Le moule à beurre

Alors que le moule à sucre d'érable jouit d'une aura folklorique et fait partie de la fibre authentique de la culture québécoise, le moule à beurre est beaucoup plus modeste.  Parce qu'il était relégué à la cuisine et n'y sortait guère, on le connaît encore moins que son illustre cousin.  Pourtant il était abondant puisqu'il faisait partie de l'arsenal de toute bonne ménagère d'autrefois alors que le moule à sucre n'existait que dans les familles où l'on «faisait des sucres».  Chez les antiquaires, on le rencontre encore fréquemment alors que cela n'est pas le cas pour les moules à sucre.  Le moule à beurre était fait généralement de bois.  Il était fait de deux parties: un contenant évidé, percé d'un trou au fond par lequel pénétrait une tige de bois, le manche, reliée et attachée à un pochoir ou étampe.  Cette tige reliée à son étampe faisait office de piston et servait à vider le contenant où l'on avait coulé le beurre, une fois ce dernier durci.

Les moules à beurre sont, de forme ronde et cylindrique ou de forme cubique: carrée ou rectangulaire.  On s'en servait pour faire des briques de beurre de divers poids d'une once à une livre.  Les moules d'une once servaient à faire des portions individuelles que l'on plaçait près de chaque convive assis à la table.  Les morceaux de beurre de 1/4, 1/2 ou 1 livre servaient à l'usage plus général et quotidien.

Le contenant de beurre est assez simple.  Ses parois internes sont lisses pour permettre l'expulsion facile du beurre une fois durci.

C'est le pochoir ou étampe qui donne son intérêt au moule à beurre.  Il était décoré d'un motif, animal, fleur, plante, qui donnait à la face supérieure de la «brique» de beurre une apparence de sculpture en relief.

Les motifs sculptés sur le pochoir sont généralement inspirés de la ferme.  On y trouve des images de vache, de fleur, de tige de graminé, de feuille.

Contrairement au moule à sucre, l'iconographie du moule à beurre ne touche pas les moyens de transport: navire ou locomotive.

On peut parfois y rencontrer l'image du castor canadien, mais bien peu souvent celle d'autres animaux, autre que la vache: cheval, coq, lapin etc...

Par contre la qualité des sculptures gravées sur les étampes des moules à beurre, illustre encore de façon magistrale le souci qu'avaient nos ancêtres d'associer beauté et utilitarisme.

 


Les sortes de moules à beurre

 
 

Selon la  forme:

1) ronde

2)carrée

3) rectangulaire


 




 Selon  l'iconographie de l'étampe:
 
1)Vache

2)Graminé

3)Fleur

4)Feuille

5)Géométrique


 





 Selon le  volume:

1)once

2)quart de livre

3)demi-livre

4)livre






 Selon le  matériau de construction:

1)bois

2)bois et métal


  Les instruments

Lors de l'arrivée de l'ère industrielle, l'industrie naissante du beurre utilisa un moule beaucoup plus résistant fait de métal et de bois.   En effet la manipulation accrue du moule demandait une construction beaucoup plus solide et résistante aux coups ainsi qu'à une utilisation intensive par des ouvriers plus ou moins délicats.

Par ailleurs, la fabrication artisanale du beurre donna naissance à toute une panoplie d'instruments.
 






 La  baratte
Faite de bois sous forme de caisse et munie d'une manivelle actionnant un battoir à palettes, ou sous forme de jarre munie d'un couvercle troué par lequel un bâton avec brasseur terminal agitait le crème jusqu'à solidification sous forme de beurre.  Un peu plus tardivement, cette jarre de bois devint en céramique ou en grès.





 Le  plat à faire le beurre

Il s'agit d'un grand récipient de bois de forme rectangulaire à fond arrondi où l'on agitait le crème à la main.






 La  tinette

Il s'agit d'un récipient généralement de forme ronde en bois doublé d'étain (tin) où l'on conservait le beurre une fois fabriqué.  Le mot tinette vient de l'anglais «tin».  L'expression populaire: cela ne «prendra pas goût de tinette» vient de ce récipient, signifiant qu'une chose se fera assez vite comme on utilise rapidement le beurre pour qu'il ne prenne pas le goût de son récipient de conservation.






 Le plat à pétrir le beurre
 
Une fois sorti de la baratte, la motte de beurre était placée dans un grand plat où on la pétrissait pour en extraire le plus possible le petit lait résiduel.

 

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