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Et puis
, il y a les chapeaux!
Je crois découvrir
en toi quelque chose
de plus grave, de plus
profond.
Et c'est tout simplement
à cause
d'un de ces grands chapeaux
qui font
les yeux plus noirs,
les joues plus roses,
et qui cachent si bien
les fronts.
Paul Géraldy
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Le premier rouge-gorge, un crocus trop tôt éclos,
un saule pleureur qui vire au vert, voilà autant de signes
annonciateurs du printemps. Mais aucun n'est plus sûr que
l'envie soudaine et irrésistible d'acheter un chapeau.
Il y a quelques dizaines d'années, ce symptôme universel
de la fièvre du printemps était une véritable institution.
C'était la saison du chapeau de Pâques, qui venait couronner
une nouvelle robe ou un tailleur comme le point sur le i. En principe,
on achetait ces vêtements pour la messe de Pâques; mais en
pratique, c'était surtout pour le défilé de mode
informel qui suivait l'office divin. Cette tradition de l'époque
de mon enfance, a perdu peu à peu de sa vigueur. Les défilés
de Pâques se sont démodés, et peu à peu on observa
avec beaucoup moins de curiosité - ou d'envie - le chapeau de sa
voisine. Mais pendant plusieurs années le vieux réflexe
atavique se réveillait parfois. On aurait aimé alors
faire la tournée des modistes, essayer quelques dizaines de coiffures,
retrouver les oeillades inimitables que permettait une discrète voilette
de tulle, l'élégance du feutre qui mettait en valeur la pureté
d'un profil, la délicatesse d'un ruban de soie rose qui prolongeait
un teint charmant. Il m'arrive parfois de rêver que
je rapporte à la maison un chapeau que tout le monde admire et
commente, mais il me faut attendre le jour où renaîtront
les défilés de mode de Pâques...
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