|
Dans la petite ville
où habite Sylvie, tout le monde se souvient de
son grand-père, fier et droit dans son uniforme
de capitaine de navire. Il a sillonné les océans,
vogué sur des lacs imposants. De la Chine il a
rapporté la porcelaine bleue et blanche,
précieuse et jamais fêlée, qui marquera
l'enfance de sa petite fille et du grand Lac
Ness il a gardé le souvenir d'une étrange bête
des eaux qu'il croyait lui porter chance.
Les scènes peintes sur les assiettes chinoises
de son grand-père ne sont pas les seuls
souvenirs que Sylvie garde de son aïeul.
Lorsqu'elle rentre d'un long séjour en Chine
pour se réinstaller dans son village natal, elle
est aussi frappée par l'odeur familière de ses
cols de chemises amidonnés : une odeur d'empois
est imprégnée dans les murs du local qu'elle a
déniché pour s'ouvrir un petit magasin
d'importations asiatiques. Ancienne
blanchisserie chinoise, cet endroit cache sous
le plâtre de ses murs et dans la brique de sa
devanture des trésors improbables : des murs
entiers recouverts d'idéogrammes et surtout, une
fresque représentant un immense dragon, reptile
majestueux et sensuel.
Cette bête veille sur les personnages du premier
tome de cette trilogie et Michèle Plomer nous
amène sur la trace de ces destins croisés.
Porcelaine raconte le parcours fabuleux d'exilés
solitaires, de filles de capitaines et de
créatures marines. Il s'agit d'une intrigante
saga qui mène ses personnages sur d'improbables
pistes. Mais c'est aussi un roman qu'on ouvre
délicatement comme un biscuit de fortune, pour y
trouver une voie, pour se donner le courage de
réaliser son destin.
|