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Récits, descriptions, entrevues, anectotes qui racontent
des événements, des personnalités, des traditions,
des coutumes de l'histoire du Québec.
Cette rubrique n'est pas chronologique. Ces courts
textes ont pour but de vous informer succinctement, parfois
avec humour mais toujours avec rigueur sur la vie de nos ancêtres.
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Le savon
du pays
En lisant nos livres d'histoire ou
en écoutant raconter leur vie, on a souvent l'impression que nos
grands-parents ou nos arrière-grands-parents ne connaissaient pas
l'ennui. Ils savaient occuper leur temps et chaque minute était consacrée
à la création de quelque chose d'utile et de nécessaire
à la vie quotidienne. Quand le printemps arrivait, que le
temps des sucres étaient terminé, que les journées
devenaient plus douces et que les nuits étaient encore froides,
les femmes de la maison fabriquaient le savon du pays, comme on l'appelait.
Pendant tout l'hiver, les femmes ramassaient tous les morceaux de
graisse et le suif qui leur tombaient sous la main. Rien ne se
perdait. On sortait alors le gros chaudron de fonte que l'on installait
dehors sur un feu de bois que l'on attisait sans cesse. L'on y plongeait
tous les déchets de cuisine afin d'en extraire le gras.
On ajoutait, à ce gras, du caustique, de la résine,
de l'eau et de la lessive - que les gens de la campagne appelaient lessi
- que l'on avait obtenue en filtrant de l'eau bouillante sur de la cendre
de bois franc.
Avec une grosse palette de bois on brassait ce liquide doré
qui ressemblait à s'y méprendre à de la tire d'érable.
Lorsque le soir tombait on ajoutait du gros sel pour que le savon se sépare
et on mettait le couvercle de bois sur le gros chaudron de fonte pour préserver
le chef d'oeuvre de la nuit.
Le lendemain, on plongeait le couteau dans le beau savon doré,
le coupant en morceaux. On lui enlevait une petite tranche de chaque
côté, on le déposait dans des boîtes aussi précieusement
qu'une porcelaine anglaise.
C'est ainsi qu'on fabriquait le savon du pays.
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