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Récits, descriptions, entrevues, anecdotes
qui racontent des événements, des personnalités,
des traditions, des coutumes de l'histoire du Québec.
Cette rubrique n'est pas chronologique.
Ces courts textes ont pour but de vous informer succinctement,
parfois avec humour mais toujours avec rigueur sur la vie
de nos ancêtres.
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Qui était Dollard Des Ormeaux
?
par Bibiane Grenier
En 1660,
Adam Dollard des Ormeaux a 25 ans et est commandant de la garnison du
fort de Ville-Marie. Dès le début de l'année, les
Amérindiens de la région du Lac supérieur et du lac
Michigan projettent de troquer leurs fourrures contre des marchandises
françaises. Ils veulent organiser un convoi qui, le printemps
venu, prendra le chemin de Ville-Marie. D'autre part, les Iroquois mènent
une guérilla depuis plusieurs mois contre les Français
de Ville-Marie qui ont besoin du profit que leur apportera la vente de
ces fourrures. Les Iroquois vont donc tout tenter pour que le convoi de
fourrures n'arrive pas à destination.
Dollard des Ormeaux réunit donc seize jeunes gens pour
aller au devant des Iroquois et, protéger ainsi le convoi qui
doit descendre l'Outaouais. Selon la coutume de l'époque,
certains compagnons de Dollard font leur testament avant de partir et
tous se mettent en règle avec l'Église. Ils se mettent
en route le 19 avril 1660. Ils veulent se rendre jusqu'à Long
Sault, à une soixantaine de kilomètres de Ville-Marie.
Ils viennent à peine de quitter l'île de Montréal
en canot, que des cris se font entendre. Dollard et ses hommes se lancent
à l'attaque des Iroquois et cette escarmouche tue d'une balle
un des compagnons de Dollard alors que deux autres se noient lorsque leur
embarcation chavire. La petite troupe retourne alors à Ville-Marie
pour le service funèbre et pour trouver des remplaçants
et l'on se remet en route dès le lendemain.
Ils arriveront à Long Sault le 1er mai. Ils s'installeront
dans un fort abandonné où les rejoindront 40 Hurons et
4 Algonquins. On n'a pas à attendre très longtemps. Deux
canots montés par des Onontagués précédant
une flotte de deux à trois cents Iroquois sont bientôt en
vue. Dollard et ses compagnons, repliés dans le fort, repoussent
l'attaque sans oser tenter une sortie. Leurs canots sont détruits.
La horde iroquoise se replie pour construire une palissade un peu plus
haut sur la rivière et dépêchent quelques habiles canotiers
aux Îles du Richelieu pour solliciter le secours de 500 Agniers
et Onéiouts et, dans l'attente du renfort, ils se contentent
d'empêcher les assiégés de sortir. Mais, dans
leur fort, les Français voient baisser leurs munitions, et
l'eau commence à manquer. Cinq jours plus tard, les Agniers arrivent.
On tentera de parlementer mais le seul résultat obtenu fut la défection
d'une vingtaine de Hurons.
Les Iroquois s'approchent du fort voulant se saisir de ceux
qui tenteraient de prendre la fuite. Ils tentent d'incendier
la palissade; l'assaut est repoussé mais certains agresseurs réussissent
à atteindre la palissade et s'efforcent de couper les pieux à
la hache.
La situation
devient désespérée.
C'est alors qu'on décide de charger un baril de poudre
qu'on tentera de lancer sur l'ennemi par-dessus la palissade.
Malheureusement, un obstacle ramène le projectile à l'intérieur
de l'enceinte où il explose, tuant et blessant plusieurs hommes.
Lorsque les Iroquois pénètrent dans le fort ils n'y
trouvent que neuf survivants: cinq français et quatre hurons.
Les Iroquois sont ahuris de trouver dans le fort si peu d'hommes
alors qu'eux, ont perdu près d'une centaine des leurs. Leur déconvenue
et l'assurance du courage et de la ténacité des Français,
les inciteront à retourner dans leurs villages sans livrer d'autres
combats. Le convoi de fourrures arrivera à Ville-Marie
comme prévu et ramènera temporairement la prospérité
à Ville-Marie.
Beaucoup plus tard, en 1665, Louis XIV enverra le Régiment
de Carignan pour combattre les Iroquois. Ce n'est que vers 1701, que
Ville-Marie pourra enfin vivre en paix..
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