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Récits, descriptions, entrevues, anectotes qui racontent
des événements, des personnalités, des traditions,
des coutumes de l'histoire du Québec.
Cette rubrique n'est pas chronologique. Ces courts
textes ont pour but de vous informer succinctement, parfois
avec humour mais toujours avec rigueur sur la vie de nos ancêtres.
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5 février 1663
(Un grand tremblement de terre en Nouvelle-France)
Je suis bénévole à la bibliothèque.
Parfois, on nous fait don de volumes. Un jour, je trouve dans un de ces
bouquins, un article découpé dans le "Journal de Montréal".
Dans cet article, on pouvait lire un texte rédigé, pour la
"Tribune libre", par un collectionneur d'annales manuscrites. Ce texte était
une copie d'extraits de textes manuscrits faisant état du premier
grand séisme connu en Nouvelle-France et survenu le 5 février
1663. Le responsable de cette chronique au "Journal de Montréal"
a cru qu'il valait la peine de publier cet article intégralement.
Je fais de même.
Ne manquez pas de lire, en archives
, les autres pages de cette rubrique .
Bibiane
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La Mère Marie de l’Incarnation
parle de ce séisme de façon dramatique. Selon elle,
«... le temps était fort calme et serein lorsqu’on entendit
un bourdonnement épouvantable, comme le bruit d’un grand nombre
de carrosses roulant sur des pavés avec impétuosité.
Ce bruit n’eut pas plutôt éveillé l’attention que l’on
entendit sous terre et sur terre comme une confusion de flots et de vagues
qui inspirait de l’horreur. » La religieuse ajoute que « l’on
entendit comme une grêle de pierres sur les toits, dans les greniers
et dans les chambres. Une épaisse poussière volait partout.
Des portes s’ouvraient d’elles-mêmes et d’autres se refermaient. Les
cloches des églises et les timbres des horloges sonnaient tout seuls.
Les clochers aussi bien que les maisons étaient agités comme
des arbres au grand vent. Et tout cela dans une horrible confusion de meubles
qui se renversaient, de pierres qui tombaient, des planchers qui s’éventraient,
des murailles qui se fendaient et d’animaux domestiques qui hurlaient.
On ne trouva pas plus d’assurance dehors que dedans, poursuit Mère
de l’Incarnation. Par le mouvement de la terre qui trémoussait
sous nos pieds comme les flots sous une chaloupe, on reconnut aussitôt
que c’était un tremblement de terre. Plusieurs embrassaient des
arbres qui, se mêlant les uns dans les autres, ne leur causaient
pas moins d’horreur que les maisons qu’ils avaient quittées; d’autres
s’attachaient à des souches qui, par leur mouvement, les frappaient
rudement à la poitrine. »
À Québec, il y eut trente-deux secousses cette première
nuit; à Montréal, le phénomène se produisit
neuf fois en autant d’heures, si l’on en croit Marguerite Bourgeoys.
« ... Le premier coup fut si fort, dit-elle, que la cloche
de la porte sonnait avec la plus grande vitesse. »
Quant à sœur Morin, de l’Hôtel-Dieu, elle remarque :
« ... qu’elle fut plus rudement balancée dans son lit
que sa mère ne le faisait pendant son enfance. »
Les annales manuscrites des Ursulines de Québec soulignent
que ce tremblement de terre fit d’étranges ravages vers Tadoussac
:
«... abîmant des forêts tout entières et
les changeant en des lacs. Les eaux des fontaines et même celles
du grand fleuve étaient comme engouffrées. Cette même
année, l’on eut beaucoup de prodiges; l’on entendit les enfants crier
dans les flancs de leurs mères; l’on vit aussi plusieurs signes dans
le ciel qui ne servaient qu’à augmenter nos frayeurs. »
Ce tremblement de terre dura plus de six mois et se fit sentir depuis
Percé jusqu’au-delà de Montréal, ainsi qu’en Acadie
et en Nouvelle-Angleterre. Un seul prêtre entendit plus de 800 confessions
générales pendant cette période. On dit que la terre
fut agitée au même moment sur une étendue de 20 000
lieues.
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