par Bibiane
Grenier
" Échange de courriels entre
des enfants de 8 ans et Adélard Montpetit, 88 ans ainsi que
Marie-Berthe Cuerrier, 82 ans."
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Récits, descriptions, entrevues, anecdotes qui
racontent des événements, des personnalités,
des traditions, des coutumes de l'histoire du Québec.
Cette rubrique n'est pas chronologique. Ces
courts textes ont pour but de vous informer succinctement, parfois
avec humour mais toujours avec rigueur sur la vie de nos ancêtres.
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Cette page est publiée
à nouveau à la mémoire d'Adélard, décédé
le 8 avril 2004 à l'âge de 89 ans. Adélard savait raconter
le passé. C'est grâce à lui si des capsules d'histoire
ont vu le jour dans "Le Grenier de Bibiane". J'ai eu maintes
fois recours à lui pour vérifier des faits, des dates... Il
m'a trouvé de vieux journaux, de vieux livres d'histoire et surtout
il m'a prêté sa mémoire. Merci Adélard et, où
que vous soyez, continuez de me faire aimer ce passé, notre histoire...
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Parlez-nous
des métiers qu'il y avait quand vous aviez notre âge.
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Il y avait
le forgeron et le maréchal ferrant
. Le maréchal ferrant forgeait les fers
que l'on mettait aux sabots des chevaux. C'était un
spécialiste. Il réussissait à bien ferrer
un cheval même si celui-ci avait un sabot difforme. Le
forgeron lui, forgeait aussi autres choses comme les cercles qu'il y
avait autour des roues d'une voiture à cheval.
Il y avait le livreur de glace. Il
passait deux fois par semaine. On mettait ces gros cubes
de glace dans une glacière. Cela nous permettait de
conserver la nourriture. On prenait cette glace sur le fleuve
ou une rivière en hiver bien sûr. Cette glace était
entreposée dans une grande bâtisse dans du bran de scie.
Elle se conservait même en été.
Il y avait aussi le livreur de charbon.
Nous chauffions nos maisons au bois d'abord mais aussi au charbon.
Le charbon nous permettait de ne pas toujours être là
pour alimenter la fournaise. On en mettait deux fois par
jour.
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Est-ce qu'il y avait des pompiers autrefois?
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Les pompiers
autrefois étaient des hommes bénévoles.
Ils utilisaient des voitures et des chevaux. Parfois c’étaient
eux-mêmes qui poussaient les voitures pour transporter
leur équipement. Ceux qui demeuraient près
des cours d’eau ou des rivières pouvaient utiliser une pompe.
Les gens qui habitaient loin des cours d'eau étaient
moins chanceux. Tout ce qu'ils pouvaient faire c'était
surtout d'éviter que le feu s'étende. Après
le feu, tous les gens du village allaient aider à rebâtir.
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Adélard,
quel a été votre premier travail?
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J'ai commencé
à travailler à 16 ans. Je travaillais dans
une manufacture. Je broyais du lin. On faisait de l'étoupe
qui servait à rembourrer les divans, les fauteuils.
On faisait aussi de la filasse qu'on obtenait par le rouissage.
Ces fils servaient à tisser des linges à vaisselle,
par exemple. Pendant la guerre, nous avons aussi tissé
des toiles pour les ailes des avions. Je gagnais un gros 15 cents
de l'heure.
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Marie-Berthe,
autrefois, où vos parents allaient-ils magasiner?
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Nous n'achetions
pas grand-chose. Nous produisions nous-mêmes presque
tout ce que nous avions besoin. Nos animaux nous fournissaient
la viande, les poules des oeufs, les vaches le lait, la crème
et le beurre.
Nous avions un grand jardin. Avec nos légumes
ma mère faisait des conserves. Nous cueillions des
petits fruits pour en faire des confitures.
Nos moutons fournissaient la laine. Nous
les tondions au printemps. Avec cette laine, nous tissions l'étoffe
avec laquelle nous faisions des chemises de flanelle, des couvertures
pour les lits... Nous tricotions des bas, des mitaines...
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Où achetiez-vous les choses que vous ne pouviez
pas fabriquer vous-mêmes?
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Dans les années
30, le magasinage se limitait à un seul magasin appelé
magasin général
. On y trouvait de tout: l’épicerie, des vêtements
de travail appelés «overall» ou salopette, des
«frocs» (veston en denim), des chaussures, des outils,
d'autres objets de quincaillerie, de l’huile à lampe et beaucoup
de tissus à la verge (mètre) pour confectionner
nos propres vêtements. Tout ce qu’on ne trouvait pas au
magasin général du village, on le commandait par catalogue
chez Dupuis Frères, Eaton ou Simpson. On pouvait recevoir
notre commande environ 8 à 10 jours plus tard par la poste.
Voilà pourquoi nos parents se hâtaient pour commander assez
tôt les cadeaux de Noël.
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