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Armand, notre ami Père Blanc, missionnaire en Afrique durant plus de 30 ans, a dû revenir au Canada lors de la guerre Hutu -Tutsi. Laisser là ses gens, ses amis, ses protégés à qui il vouait sa vie, fut très pénible. Il ne l'a jamais accepté et refusait d'en parler pour ne pas raviver la douleur.
Lui et ses confrères avaient mis tant d'années et d'efforts dans cette mission ! Le génocide a tué tellement de gens qu'il aimait et détruit ce qu'il avait construit au prix de tant de labeur avec ses compagnons, a certainement été sa pire épreuve ! C'était comme annuler , anéantir le travail de toute une vie!
La première fois, nous l'avons rencontré quelques semaines après la naissance de notre 3e enfant . Après avoir échangé tant et tant de lettres, avoir reçu ses visites, l'absence sera difficile à accepter.
En juin dernier, sa santé a subi une dégringolade ... Il est décédé d'un cancer vers 3:00, le 3 janvier 2004.
Rentré à la Maison du Père, après sa grande mission sur terre, le Seigneur l'a sûrement accueilli avec bonté comme il l'a été lui-même toute sa vie avec son entourage.
« Le bien ne fait pas de bruit » serait la phrase qui le décrirait le mieux. Le 18 décembre, il nous a écrit pour l'ultime fois. Sûrement qu'il lui a fallu puiser ses dernières énergies pour nous faire ses Adieux... en les camouflant afin de ne pas risquer de révéler son état. Mais nous n'étions pas dupes...
Il n'a jamais voulu déranger dans la vie, même pas nous attrister sur sa fin prochaine. Il a accepté la mort avec courage et sérénité. Merci , Armand, pour ce comportement exemplaire!


Sitôt la nouvelle du décès d'Armand apprise,
je suis venue lui confier notre peine,
laissant mon travail planifié de côté,
pour être la première à lui « chuchoter »
nos meilleurs sentiments d'amitié.
Voici , pour le départ de notre Ami, Armand qui a lutté pour les autres et pour lui:




Armand, vers 3 heures, ce matin, tu es parti,
Toi, depuis si longtemps notre bon Ami.
Gilles et moi avons pensé à toi, cette nuit ...
ces dernières heures,
Avant que tu rencontres définitivement le Seigneur.


Depuis hier, alors qu’un courriel nous a été envoyé par Émilien
Pour nous signifier ton départ prochain,
La tête nous trottait, les idées se bousculaient…
Dans combien d’heures, tu nous quitterais?


Avant de m’endormir et cette nuit, j’ai parlé à Dieu.
Je lui ai demandé de t’aider de son mieux
À franchir plus aisément les dernières étapes de ta vie,
Afin que vite, tu te rapproches de Lui.


Il y avait déjà beaucoup de semaines
Où tu haletais avec tant de peine.
Il fallait que ça finisse, ces difficultés
Pour qu’enfin tu puisses mieux… respirer!


Il n’est pas si loin, il me semble,
Où tu venais à la maison et ensemble
Nous jasions amicalement, simplement,
Lors de visites, toujours faites «en coup de vent…»


En si peu de temps, si on s’en est confié des choses,
De la vie de famille, de l'école, du bénévolat, des secrets pas toujours roses…
Pourtant, tu répétais chaque fois, ne pas connaître une autre famille
Qui se dévoue autant pour ses gars et sa fille…


Ton passage toujours trop bref dans notre maison
Laissait dans son sillage, dans son sillon,
Des réflexions que nous avons mises à profit.
Ce n’était pas pour rien, si tu te rendais jusqu’ici.


Pourquoi la Vie t’a-t-elle arraché à ton Afrique?
Toi qui en aimais tout: ses gens, son climat et sa musique.
Il y a des événements qu’on ne comprend pas vraiment,
Mais qui font partie de notre destin, n’est-ce pas Armand?


Merci pour tes visites fréquentes !
Nos conversations si éloquentes
Resteront en nous comme le reflet divin !
Que Dieu est bon de t’avoir mis sur notre chemin.


Il est venu… frapper à ta porte dernièrement.
Et pour éviter de nous attrister amèrement,
Tu nous faisais accroire que … «tout va bien madame la marquise…»
Nous n’étions pas dupes, nous te voyions aller vers la Terre promise…


Néanmoins, avec le plus grand des respects, nous avons accepté
Devant toi, de jouer le jeu, de ne pas pleurer.
Cependant, mon Chou , ce matin, tu ne peux nous empêcher
De laisser, sur nos joues quelques larmes, couler.


Tu es parti comme un champion, Armand !
Tu es maintenant un grand gagnant!
Avec le Seigneur, la Vie éternelle
N’en sera pour ton exploit que plus belle!


Merci pour ta dernière lettre de Noël, cher Armand !
Comme il a dû falloir reprendre ton souffle souvent
Pour réussir courageusement à remplir ces pages
Sereinement, chaleureusement, finalement à ton image!


Nous gardons un bien doux souvenir
d'un homme que, pour toutes sortes de raisons encore, on admire !
Bon voyage , Armand !



Tes amis pour toujours,

Angèle et Gilles




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Huile sur toile: Léo Beaulieu
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